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Maison en bois dans la forêt

La montagne d'Améyo

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photo: Robert Nyulasi libre de droits (Pexels)

Maison en bois dans la forêt

Sysnopsis

1802.

Améyo a quinze ans lorsqu’elle est brutalement arrachée à sa terre natale, sa famille et son village de la région du Dahomey. Après le voyage terrifiant pour traverser la grande mer à bord d’un navire négrier, un planteur des Antilles en fait l’acquisition pour faire d’elle une esclave parmi d’autres sur son domaine. Puisque les conditions pour les colons se dégradent en Martinique, la famille de la Rosemontais déménage à l’île Bourbon*, où les mœurs esclavagistes sont encore profitables pour les exploitants.

 

Après quelques années de souffrances et de pertes, Améyo saisit l’occasion de s’enfuir lors d’un cyclone qui désorganise la plantation. Elle part vers les montagnes dans les Hauts de l’île pour s’affranchir de l’asservissement. Mais trouver la liberté n’est pas une quête facile pour une femme qui n’accepte plus la domination de ses pairs.

 

Forte de plusieurs compétences de survie, elle développe ses talents de soigneuse, tout en cherchant à guérir son âme tourmentée. Dès lors, sa réputation fera le tour de l’île Bourbon et fera d’elle une légende, entourée et respectée pour son art et son influence.

* L’actuelle Île de la Réunion, département français d’outre-mer dans les Mascareignes, au large de Madagascar dans Océan Indien.

Chemin de la forêt tropicale sombre
Chemin de la forêt tropicale sombre

La sortie en librairie est prévue au Québec pour
e 1er  septembre 2026.

Un extrait

La nature de notre petite île Bourbon est ravagée, les plantations détruites, les hommes souffrants. Sur le domaine des Rosemontais, 17 personnes sont mortes durant les intempéries ou juste après. 5 enfants assez jeunes parmi les esclaves, car nous sommes mal protégés de la pluie et du vent. Tous les ajoupas faits de branches et de paille sont écrasés. La grande maison abrite la famille des maîtres et même quelques voisins, les esclaves de maison aussi. Pour nous les Noirs de pioche, il faut se regrouper dans le hangar principal, en espérant que les planches tiennent le plus longtemps possible. Parfois on les tient ensemble à deux mains, entassant les objets et les meubles de séchage pour limiter les passages de l'air furieux vers l'intérieur. Après deux jours enfermés ainsi, une accalmie permet à un des superviseurs de venir nous porter un ballot mouillé contenant de la nourriture. Bien peu au regard du nombre que nous sommes. Mais nous partageons néanmoins avec reconnaissance, en tentant de faire manger les plus faibles, petits et vieillards qui commencent à décliner. Honorine et moi tentons de soigner les fiévreux, dont le vieux Cerbère. L’humidité est partout, malgré la chaleur, c’est étouffant.

- Je n'irais pas plus loin, ti-fille.

- Tais-toi, mon vieux petit père, tu vas te fatiguer. Le grand vent va partir, et tout ira bien.

- Non, toi, tais-toi. Le grand vent va s'en aller et avec lui les yeux du maître. Personne ne va faire attention à toi, car cette fois les dégâts seront pires que d’habitude. La dernière saison a déjà causé de gros dommages à la plantation, et cette fois ce sera pire. Le Maître et les comandérs vont relâcher leur surveillance, car il y aura trop de travail pour tout le monde. C'est exactement le moment pour toi.

 

Je reste sans voix devant l'invitation de mon vieux mentor.

Bien sûr, Cerbère le sait depuis toujours. Cela fait déjà longtemps que je pense au marronnage. Je suis partietrop vite la dernière fois. C’était improvisé et je n’avais pas toute ma tête, en plus de la fatigue. À peine un jour plus tard, le comandér et ses chiens m’ont facilement attrapée et ramené vers Honorine. J’étais perdue, affamée, fiévreuse, sur le point de perdre l’esprit. La vieille tizanér m’a soignée durant une semaine pour que je commence à guérir de mes blessures. Je ne crois pas que j’aurais eu la volonté de me rétablir. Norine le savait et c’est cela qui m’a fait oublier l’appel du marronnage. La guérisseuse a investi tant d’efforts à prendre soin de moi. Elle m’a aussi offert un cadeau incroyable; me transmettre son savoir de docteur-feuilles. J’ai choisi d’être docile. Les enseignements de ma mentore sont venus éclairer tout ce que j’ai appris avant elle auprès des autres femmes fortes de ma vie; ma mère, ma belle-sœur, Rosie, et même Hilda à la Martinique. Le vieux Cerbère a compris lui aussi que mon esprit ne supporte pas la cage. Il m’a pris sous son aile pour me raconter la montagne, le maronnage, les ruses des chasseurs, la survie en forêt. Depuis le premier jour de ma capture je pense à fuir, je sais que c’est la seule issue possible pour moi. Chaque fois que j’y pensais, je ne savais pas comment m’y prendre. Les kabars m’ont donné les instructions en chansons, mes amis m’ont enseigné ce qui me manquait. Les exhibitions des marons torturés et punis pour leurs actes ne m'ont jamais dissuadée qu'un jour, je suivrais la même voie. Cerbère m'a tracé la route sans que je m’en aperçoive. Il a raconté les récits, toujours pour m'enseigner ce que je peux connaître de ces montagnes sans les avoir jamais visitées. L’histoire du dénommé Faubert, qui a fui, qui est revenu se venger et assassiner la famille de ses maîtres est connue dans toute l’île. Faubert est une sorte de héros chez les esclaves du domaine puisqu’ils l’ont connu. D’autres héros comme lui font partie des légendes. Ravanne, Cimandef, Mafate, tous ces braves ont nourrit mes visions de liberté. Certains grands marons se seraient transformés en oiseaux pour fuir, ou même en moustique. Mon imagination est sans limite pour croire que les grands fuyards métamorphes vivent une vie idéale dans la liberté. Dans chaque tableau idyllique où je les mets en scène, ils disparaissent comme par magie à l’approche des chasseurs de noirs marons qui sillonnent la montagne.

Forêt

E-Mail: nathaliealbertini5@gmail.com

Tel. : 1-514-445-2565

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