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La percussion de la liberté

  • Photo du rédacteur: Nathalie Albertini
    Nathalie Albertini
  • 12 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Poésie



 

Maintenant que l’horizon s’efface dans la nuit

Nous sommes enfermés derrière les portes qui nous cachent du Monde

Au loin les phares jettent leurs faisceaux sur les mers

Et alors j’aurais cette rengaine en battement au fond du ventre

Être à l’abri loin des missiles et des bombes

 

La percussion de la liberté

Partout ou résonne le nom de la justice

Derrière les barreaux étroits de nos cultures

Quand on enferme le beau, le libre, l’artiste et son chant

Quand on bâillonne la parole et le mouvement

Je les vois ces soldats la peur au ventre

Je les vois ces enfants qui voient partir leur père

Je les vois ces routes que foulent les pieds meurtris des déplacés

Je les vois ces affamés qui chercheront l’asile n’importe où ailleurs

Qui déchirent les nuits par la fuite de leur espérance

 

Des bébés sous le bras sur les épaules

Traverser les forêts, patauger les marais

Une nuit incessante qui dure des mois

Où s’est enfuie la douceur des bras qu’on a aimé

L’odeur de nos enfances dans les cuisines les jours de  fête

 

Tenter de créer un lien avec cet homme cagoulé

D’une autre milice dont on ne sait plus pour qui elle se bat

Trembler devant la mort, la souffrance, le viol

Se réjouir l’instant suivant quand rien n’arrive

Et remercier le Dieu qui se cache au fond de nos ventres

Entendre la pulsation entêtante de la liberté

Celle qui vous donne des responsabilités

Qui vous rend redevable d’avoir pu traverser

La charge d’une vie dans la poitrine

Qui résonne sous nos pas pour le reste de la vie


Je la vois la brume du matin diluer les visages épuisés

Je la vois la vermine ramper sous les peaux fatiguées

Je les vois se dessiner des terres nouvelles aux rêves permis

Je la vois la paix au cœur au terme du long voyage

Pour qu’enfin je puisse reposer mes pieds endoloris

 

La percussion de la liberté

Partout où l’on croit au rêve d’équité

La volonté de labourer les champs de toute cette volonté

De bâtir un monde qui repousse la souffrance et la faim

Qui partage qui prend soin qui écoute

 

Pour tous les sans-voix qui sont restés derrière

Pour tous les oubliés, les pas beaux, les illettrés

Pour porter les lendemains aux enfantsBercer tendrement le temps remplir nos bras

Et se balancer aux percussions de la liberté

 

Nathalie Albertini

Montréal, novembre 2025

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